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Euthanasie , interdiction de mourir

26 janvier 2011

Je ne sais pas ce que tu en penses, ami lecteur, mais moi j’avais envie de parler d’un sujet sérieux un peu ce matin. C’est important de parler de choses sérieuses de temps en temps, sinon on pourrait penser que je parle pour ne rien dire. Ah merde… c’est l’en tête du blog… bref passons. Ce matin en écoutant la radio j’ai entendu que le projet de loi pour la légalisation de l’euthanasie avait été balayé par le sénat. Mais pourquoi ?

J’avoue que je ne comprends pas pourquoi les politiciens refusent de valider ce genre de chose. Pour ceux qui ne sont pas calés dans le domaine, l’euthanasie c’est le concept selon lequel une personne capable et majeure peut demander à bénéficier d’une assistance à son « départ » si elle souffre de pathologies graves, incurables et dont elle souffre au point de ne plus les supporter. En d’autres termes, c’est quand une personne qui se sait condamner veux abréger ses souffrances par d’autres moyens plutôt que d’attendre de mourir dans la souffrance.

Lorsque je lis l’intervention du ministre de la santé je lis que celui-ci est plutôt favorable au déploiement des soins palliatifs (les soins qui accompagnent le patient vers la mort) et je me dis que merde, mais de quoi on se mêle ?  Je peux comprendre que certains réfractaires voient d’un mauvais œil que la personne puisse décider de sa mort au détriment du respect de la vie ou de tout autre concept, mais au final, la vie du patient lui appartient non ? Améliorer et développer les soins palliatifs, pourquoi pas, mais l’un est il incompatible avec l’autre ?

Ce que je trouve révoltant c’est qu’une personne qui, par amour ou par charité, aura aidé quelqu’un en grande souffrance à mourir dignement et dans la paix se retrouvera à risquer la taule au même titre que n’importe quel criminel. Logique me direz vous c’est illégal, mais merde, on parle d’une personne qui demande à partir.

Fondamentalement, de quel droit un législateur, en bonne santé peut il se permettre de dire que l’euthanasie n’est pas viable ? Ont-ils demandé à tous ces gens qui sont en phase finale d’une maladie grave et douloureuse ? Ont-ils recueillis l’avis de ces gens qui se tordent de douleur sur un lit et qui n’attendent que l’instant salvateur ou le corps cessera de fonctionner ?

Selon moi, ce genre de décision ne devrait pas reposer sur une loi mais sur l’avis propre de chaque personne. Le poète William Henley disait dans son œuvre Invictus (vous connaissez peut être car Mandela adorait ces vers) «  Je suis le maitre de mon destin, je suis le capitaine de mon âme », deux phrases qui pourraient s’adapter dans ce genre de cas. Nul autre que moi ne devrait pouvoir me dire si je peux mourir ou pas.

Alors dans l’état actuel des choses quelles sont les solutions pour ces personnes ? Attendre patiemment la mort en se gavant de morphine et autres produits anti-douleur ? Se balancer du haut d’un immeuble pour pouvoir mourir ? Que de belles perspectives…

Je sais que certains avanceraient l’argument du manque de discernement d’une personne en grande souffrance et que la solution, radicale s’il en est, empêcherait tout retour en arrière, mais essayons de nous mettre à leur place deux minutes… Et même si la personne manque de discernement, à partir du moment où on la sait condamnée, qu’est ce que cela change réellement au fond du problème ?

J’ai surtout l’impression qu’au nom d’une certaine éthique on s’empêche d’être humain. Un type peut crever de froid sur un trottoir dans la plus grande indifférence ou sombrer dans la plus grande détresse sociale sans que l’on s’en aperçoive, une jeune femme peut se faire agresser en pleine rue sans que personne ne bouge mais non, on n’a pas le droit de demander à partir dans la dignité.

Bien entendu chaque personne aura des arguments en faveur ou contre ce projet avorté, mais je tenais à réagir à ma façon en gueulant, pour une fois, sur un sujet sérieux.

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8 commentaires leave one →
  1. 26 janvier 2011 10 h 19 mi

    L’autre jour, j’ai essayé d’avoir une conversation sérieuse sur l’avenir de ma mère et le mien. Je lui ai expliqué que je devais savoir quelles étaient ses volontés pour dans 20-30 ans, quand elle sera vieille. Je voulais qu’elle comprenne que s’il faut la mettre dans une maison de retraite, vu le prix que ça coute et vu le peu de perspectives pro que j’ai, il fallait que je le sache au plus tôt de sorte à pouvoir commencer à penser à mettre des sous de côté pour elle (car elle n’aura pas une retraite suffisante pour payer elle même et moi je refuse que mon compagnon/mari/pacsé/on verra bien paye pour ma mère.

    Tu sais ce qu’elle m’a répondu? elle m’a dit que si son état de santé nécessitait qu’elle aille dans un établissement médicalisé, elle voulait que je la « débranche » selon ses propres termes. Ce à quoi j’ai répondu qu’elle voulait donc que je finisse mes jours en taule pour lui avoir donné une mort sereine…

    Car (et c’est là où je veux en venir) il est pas arrivé le jour où les hommes de loi voteront pour un tel texte…

  2. 26 janvier 2011 10 h 45 mi

    Je trouve ca dommage … Ca reste son choix, pas celui de quelqu’un qui ne la connait pas.

  3. Jayden permalink
    26 janvier 2011 11 h 09 mi

    J’ai lu ça aussi ce matin sur 20minutes, et je voulais aussi faire un article, mais je ne savais pas comment démarrer. Au final, tu y arrives bien mieux que moi xD Peut-être suis-je un peu jeune pour avoir un avis fixé ? En tout cas, je suis pour, j’estime que lorsqu’un malade se sait condamné sans possibilité de récession de son mal et que c’est douloureux, il devrait avoir le choix et pouvoir dire : je ne veux pas souffrir pour rien, je préfère partir.
    Mais à côté de ça, je pense à ceux qui ne peuvent pas s’exprimer, comme les personnes en coma profond où ceux qui finissent (pardonner moi le terme) à l’état de légume. Ceux-là ne peuvent pas se prononcer sur leur choix. Sachant qu’il n’y a pas de retour possible dans certains cas, comment réagir ? Comment ça se passe quand une personne que l’on aime se retrouve dans un état où il n’y a pas de demi-tour ? On ne peut pas décider de la débrancher sans son accord, mais son accord, on n’a aucune chance de l’avoir, à moins d’avoir fait un testament style « si je me retrouve en état végétatif après un accident ou une maladie, merci de me débrancher » ? Et ces personnes, qui ne peuvent pas s’exprimer, ont besoin de soin, d’accompagnement, ça coûte de l’argent à l’état, ça ne les soigne pas, ils ne vont pas mieux. C’est pas une vie, c’est de la survie à ce stade là… Désolée, je m’emballe un peu…
    Donc oui, je suis pour, pour ceux qui peuvent prendre eux-même la décision. Pour les autres, je ne sais pas…
    Sacré pavé que j’ai fait là…

    • Florian permalink
      26 janvier 2011 15 h 32 mi

      Je suis d’accord avec ce qui a été dit par toi et Jayden, pas grand-chose à ajouter. J’apprécie ton contraste selon quoi on se fout de savoir que des clochards crèvent sous les ponts, mais qu’on interdit la mort des souffrants au nom d’une soi-disant éthique. Les politiciens qui balayent ce projet de loi endosseraient-ils la souffrance des malades ? J’ai comme un doute.

    • 27 janvier 2011 7 h 28 mi

      @jayden jeune? on est jamais trop jeune pour donner son avis :p
      @florian: je partage ton doute

  4. 26 janvier 2011 18 h 15 mi

    Pas évident d’avoir un avis blanc/noir.
    J’avais (essayé de) maté(r) l’épisode « you dont know jack » qui parle du sujet, d’une machine à « euthanasie ».
    Il précisait bien dans ce film qu’il y avait un truc genre une quinzaine d’entretiens auparavant, poru être sûr que ce n’était pas « sur le moment ».

    Perso, je pense être pour, et je suis le premier à dire à mes proches « le jour ou je pars en live, achevez moi ». Je ne peux le dire, mais pour mon père, j’aurais sans doute préférer qu’il passe sous un camion ou ait un AVC, plutôt que de le voir décliner comme il décline.

    Pour en revenir au vif du sujet, tu te doutes bien que de toute façon, le ministre n’est lui au courant de rien. Il a un compte rendu de 15 sous fifres qui lui ont dit « faut dire ça ». ça se saurait si en haut de la pyramide, ils avaient une opinion objective et représentative de ce qui se fait en bas de la pyramide….

    • 27 janvier 2011 7 h 30 mi

      Bah je pense qu’il est au courant, mais justement j’aimerai savoir quels sont les arguments qui font qu’un projet de loi soutenu par plus de 92% des francais se retrouve ecarté de la sorte. Ca sérieusement, ca m’intrigue

  5. 2 mars 2011 23 h 09 mi

    Bon j’arrive un mois après la bataille mais il n’est jamais trop tard lol
    J’avoue que je rejoins ton point de vue. Pour avoir accompagné des personnes en fin de vie, notamment mon père l’année dernière, je pense qu’il aurait aimé avoir le choix. Certes les choses ont été très bien faites, il a été très bien accompagné à l’hopital où il a fini ses jours, des gens merveilleux et je pèse mes mots. Mais je me suis mise à sa place à lui, mon petit papa qui nous disait qu’il sentait sa vie le quitter, et qui se sentait impuissant face à cela. Et nous donc… Je n’ose imaginer les pensées qui traversaient son esprit tout les soirs lorsque nous le laissions seul à son sort. Bref je m’égare un peu mais tout ça pour dire que chacun devrait avoir le choix dès lors que l’on se sait condamné, et de pouvoir en finir dignement sans être obligé d’en passer par une mort violente alors qu’il y a des solutions tellement plus douces et plus humaines pour finir sa vie en toute dignité.

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