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Rat débile et rat méchant

21 décembre 2010

Je ne sais pas pour toi, ami lecteur d’Eklaan, mais moi je suis un citadin. Je vis dans le béton baignant dans la promiscuité malsaine de mes voisins et quand on ajoute à cela le bruit et l’od…, euh je dérape là ? Ok je dérape… Bref, vous voyez l’idée, la situation du rat des villes est parfois intenable au point de dire des choses que l’on ne pense pas.
Surtout que depuis un an, soit le 17 décembre 2009, un mec s’acharne à détruire le trottoir de ma rue au marteau piqueur. Du lundi au vendredi de 9 à 18 heure il s’applique à méthodiquement briser ses blocs de pierres tout autant que mes couilles. Il est d’ailleurs si bon qu’aujourd’hui, en bas de chez moi, c’est plus un trottoir que j’ai, c’est une plage. Le marteau piqueur, le pire outil du BTP que l’homme moderne ait créé. Faudra un jour qu’on m’explique l’intérêt de tout péter pour refaire pour ensuite re tout casser. Il y a certaines rues de Paris que je n’ai jamais vu sans travaux, circulation alternée, sens interdit temporaire, tranchées et canalisations à ciel-ouvert. A croire qu’il faille cramer l’enveloppe budgétaire au point de tout détruire au moment où les choses semblent sur le point de se terminer.
Sur ces considérations et tirant le bilan d’une vie médiocre j’envierai presque mes amis ploucs. Mes voisins campagnards, trainant toute la journée en survet’ Kiabi deux bandes. De ceux qui utilisent encore des 103SP pour aller chercher le pain dans ces endroits reculés de France où l’on privilégie le calme et la fameuse qualité de vie au stress des grandes agglomérations.
C’est là où le parisien, pire, le banlieusard se dit qu’il est temps de faire un « break » (ce qui signifie vacances en langage de pécore) et qu’il faut revenir aux vraies valeurs. C’est sûr qu’acheter des paniers bio à cinq fois le prix de leur valeur réelle est une chose mais se payer des vacances en Lozère dans une ferme à touristes pour aller ramasser soi même ses patates au jardin en est une autre.
Personnellement j’ai l’avantage d’avoir des amis péons qui habitent la fameuse campagne bucolique de nos rêves de citadins et je n’ai donc pas à dépenser le PIB du Gabon pour aller ramasser des tomates qui auront poussées sur du crottin de cheval. Alors, une fois par an, quand le bruit du marteau piqueur m’a poussé à bout, je prends mon sac et je vais me ressourcer.
Ca ne dure jamais très longtemps avant que je comprenne que le calme est finalement un concept théorique et non une réalité. En effet, tu as beau avoir les deux pieds dans la merde au fin fond des Deux-Sèvres tu as toujours quelqu’un pour te casser les burnes à 8h le dimanche matin. Vous saviez, vous, que c’est en général le clocher de l’église qui sert de réveil matin à tous les agriculteurs à 5km à la ronde ? Et vous saviez, vous, qu’un clocher ça sonne 10 minutes ? 10 putains de minutes le dimanche matin !? Ben moi je l’ignorais jusqu’à mon dernier stage « au calme ». A ça ! pour interdire le voile à l’école y a du monde par contre pour foutre des amendes de tapage à tous les culs bénits qui joue de la cloche de cinq tonnes pendant que les bons athées dorment y a plus personne !
C’est pas un curé qui va m’imposer sa loi et je ne vais pas me décourager pour si peu, me direz vous. C’est vrai ! et je décide de rester maudire les ecclésiastiques de tous bords du fond de mon lit pour tenter le rendormissement salvateur à mon humeur de chien qui se dessine alors.
Mais c’était sans compter sur Roger !


Roger il vit ici depuis 1951, comme ses parents et sa cousine qu’est aussi sa femme. Et Roger ce qu’il aime c’est la chasse, mais pas n’importe quelle chasse, la chasse à courre bien-sûr. Donc outre la meute de chien qui aboie dans sa cage en tôle depuis 6h30 (même à 2km quand c’est plat tu entends le chien hurler), son plaisir à Roger c’est de jouer du corps de chasse au réveil, soit, juste après la cloche de l’église du dimanche matin. Et à tous ceux qui pensent que le marteau piqueur a un bruit insoutenable je leur dirai qu’ils n’ont jamais entendu un corps de chasse résonner dans la campagne au petit matin.
Et puis pour avoir un bon retour de ses notes (oui un corps de chasse a des notes) Roger il joue dehors, dos à sa façade pour avoir une bonne résonnance comme il dit. Et comme ça la musique, elle « porte » bien jusqu’à ton lit où tu essayes péniblement de te rendormir après le coup de prosélytisme mesquin des cathos d’à côté.
Tout ceci est évidement 100% véridique et je vous passe le côté insectes vu que sur documentaires animaliers que tu trouves en vraie, isolations hasardeuse d’une maison bâtie en 1834, usine d’équarrissage aux effluves portés par le vent, tout à l’égout inexistant obligeant à jeter son PQ dans une poubelle prévue à cet effet…
Finalement je vais peut-être garder encore un peu mon virtuose du marteau-piqueur.

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7 commentaires leave one →
  1. 21 décembre 2010 16 h 08 mi

    Ah mon ami, crois moi, je vendrais père et mère pour quitter c’te cambrousse!
    J’en peux plus: 2 ans et demi que ça dure et là j’ai atteint le point de non retour je crois.
    Ici c’est pas l’église qu’on entend mais les tracteurs, sans parler des vaches et de l’odeur qui va avec…
    Non vraiment je préfère encore le parfum de la pollution, au moins ça veut dire qu’autour de toi y’a des gens…vivants !

  2. 21 décembre 2010 16 h 30 mi

    Z’étes jamais contents!!! Je rentre de la ville où j’ai fait des courses de Noël… Il faut être fou pour apprécier ce genre de traitement!!! Je préfère les tracteurs et l’oie de garde de ma voisine. Je crois que même la boue me semble belle/bonne face au bitume encombré et bruyant!!! Na!

  3. 21 décembre 2010 18 h 12 mi

    lollllll le rat des villes devient le rat (qui) déchante ! j’adore le ton de ton article ^^ bon cela dit je suis une cambroussarde exilée en région parisienne, une Laura Ingalls qui au fil des années est devenue une espèce de Carry Bradshow. J’adore retrouver mon Walnot Grove natal. Mais deux jours, trois, allez une semaine tout au plus. Ca me fait du bien ça me ressource. Cela dit, j’ai fait l’expérience une fois d’y rester plus de deux semaines. Et là; oh my god !!! Quand je suis revenue sur Paris, la première chose que j’ai faite c’est un tour de périph histoire de savourer les bouchons parisiens. J’exagère évidemment, mais à peu de choses près, j’avais ce sentiment que le périph m’avait manqué. Que Paris m’avait manqué. Et là, j’ai su. J’ai su que j’étais plus une citadine que la provinciale qui a débarqué il y a quelques années. Paris et sa vie de dingue m’ont happée dans leur rythme infernal. Et j’aime ça ^^ (désolée pr le pavé loll)

  4. Bugger24 permalink
    22 décembre 2010 13 h 21 mi

    Pour avoir expérimenté la vie à la campagne et à la ville (si tant est que périgueux est une ville), je me sent obligé de reconnaître ma préférence pour la campagne. Une petite argumentation s’impose !

    Oui, le dimanche matin les cloches des églises alentour résonne. Je préfère quand même ça au pauvre type qui à fait la fête toute la nuit, ivre à un point qu’il engueule ses clés de bagnole, en hurlant a poumon ouvert, parce qu’elle ne veulent pas lui indiqué l’emplacement exact ou est stationné son véhicule, a 8h du matin.

    C’est vrai, a la campagne, il y a de gros tracteurs qui font du bruit. Mais comparais au branleur qui a « perdu » la cartouche de pot de son scooter, ou du bruit de klaxon du citadin coincé dans les embouteillages et qui crois que ça va le faire avancé plus vite, moi je dis non merci.

    Contrairement à ce que pense beaucoup de gens de la ville, il n’y a pas de bouse de vache tous les vingt centimètre carré des sols de la campagne, non, non, c’est un mythe ! D’autant plus que, bien que polluant, ceci n’est rien comparais au déjections émise par ces bon vieux 36 tonnes, ou même que ces fameuses remonté d’égout.

    Il y a encore bien des choses que je pourrais dire sur la campagne, mais ce serait un peu long …

    Allé, amis parisien (ou citadin) ! On prêche tous pour sa paroisse. Et puis finalement tu n’est pas si différent du campagnard. C’est pas pour rien que par chez nous on dit : « PARIGUOT TETE DE VEAU ! »

    • 8 septembre 2011 13 h 19 mi

      I’m not easily impressed. . . but that’s imprsnesig me! 🙂

  5. 11 janvier 2011 11 h 41 mi

    Bonjour Eklaan !
    Je viens de parcourir votre blog du début à la fin, et franchement, je ne me suis pas autant poilée depuis des semaines, ce qui fait du bien quand on est en mer. Et oui, je suis dans la Marine Nationale et actuellement en mission, et ce n’est pas rose tous les jours, aussi vos petits coups de gueule sont pour moi un pur bonheur n___n A tel point que j’ai fait un petit article sur vous dans mon propre blog, parce que je voulais partager cela.
    onne continuation pour la suite, j’attends votre prochaine « râlerie » avec impatience 🙂
    (au passage, je suis d’accord avec 99,9% des coups de gueule que vous passez, et qui sont souvent bien plus drôles et mieux écrits que ce que j’aurai fait :p)

    • 18 janvier 2011 7 h 27 mi

      désolé de ne pas avoir répondu plus tôt mais j’avais un compte à régler avec la grippe. Merci beaucoup pour ce commentaire ca fait plaisir de voir qu’on fait rire les gens. Qui plus est quand c’est quelqu’un qui ne fait pas un boulot facile.
      Au plaisir de te revoir dans le coin!

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