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Ca te dit un joint?

14 décembre 2009

Ce week-end j’ai été pris d’un élan soudain de courage et je me suis dit « tiens, et si j’allais aider ma vieille copine sur le chantier de sa maison ? ». J’ai donc pris mon courage dans une main, un vieux jean dans l’autre et je me suis mis en route. Tout plein de ma motivation je m’imaginais tel Super Mario Bros ajustant des tuyaux, maniant la pioche sans fatiguer alors qu’un peu de peinture maculait encore ma tenue de travail. J’en étais sur, j’allais me découvrir une vocation, un don pour la bricole.

Pour vous situer le truc, le fameux chantier est une maison en phase d’aménagement intérieur, perdu au milieu de nul part entre un chêne et un tracteur. L’endroit est reculé, mais relativement accessible pour qui a un 4X4 ou un hélicoptère. N’ayant ni l’un ni l’autre, j’ai pris l’option d’abandonner définitivement toute idée de revoir un jour mes pneus. Sacrifice, sacrifice, que ne ferions nous pas pour les amis et optionnellement pour la possibilité de faire 3 repas à l’œil.

Première déconvenue une fois sur place, la 3G ne passe pas (ca m’aurait étonné), je regarde mon téléphone l’œil humide, moi qui pensait avoir accès à internet durant le week-end, c’est foutu. Je suis bon pour jouer au sudoku pendant les temps morts. Seconde déconvenue, à la campagne le matin à 8H, ca caille ! Déjà ma petite tête cogite et je commence à regretter d’avoir accepter la mission. Surtout que je me suis engagé pour deux jours, ce qui implique que je vais devoir me geler les fesses jusqu’au dimanche soir, j’appréhende. Troisème déconvenue, des temps morts, y’en a pas…

Après avoir enfilé ma tenue de travail super seyante (soit dit en passant qui ne fait pas du tout ressembler à un des frères Bros, mais plutôt au survivant d’un bombardement) le chef des travaux commence à m’expliquer ce que je dois faire. Je suis désigné au rayon carrelage pour la durée totale de mon séjour. N’ayant aucune compétence dans le domaine et aucun moyen d’accéder à Google pour accéder aux fiches du parfait petit carreleur je me vis accéder au garde très envié « d’arpette ». En gros, mon job allait consister à gratter les bouts de truc gris collés sur le carrelage pour les autres puissent poser des joints ou un truc comme ca.

Inutile de te dire ami lecteur que de se retrouver à genoux dans la poussière à 9H du mat un samedi pour jouer avec un cutter, ce n’est pas ce qui se fait de mieux en matière de début de week-end. Tout le monde a son rythme, ca rigole, ca papote et moi je trime en silence tant je me demande ce que je fous ici.

A la moitié de la journée, après la deuxième pause clope-bière-instructions pour la suite du chantier, je suis pris d’un sursaut d’orgueil. Après tout si les autres arrivent à peindre, faire des joints, enduire et tout ca, je devrais aussi y arriver. Je ne suis pas trop idiot, et si j’arrive à comprendre une ligne de PHP je devrais bien comprendre comment marche un couteau à enduit. Et puis la bière ca donne du courage. C’est donc sur de moi que je demande au tyrannique chef de chantier (la copine en question) une promotion. Je désire devenir poseur de joints officiel, exit les taches de larbin, fini l’ingratitude du grattage, je me la tente au tirage !

L’air amusé elle me tend un pot de liquide gris et gluant que je regarde comme un Inuit regarderait un frigo et tend le doigt vers un mur de carrelage. En langage féminin je crois que ca veux dire « bouge toi les fesses et au boulot mon gros ». Je ne suis pas sur, je demanderai à ma fille.

Ah mes amis ! Quelle joie de se rendre utile en produisant une œuvre d’art de ses doigts engourdis par le froid ! Quel plaisir de voir chaque interstice se remplir de l’espèce de ciment bizarre et donner ainsi naissance à des formes géométriques complexes ! Ah quel… Non en fait, c’est juste boucher les trous sans en foutre partout. Ca fait toujours mal aux genoux, il fait toujours aussi froid et en plus faut passer une éponge baignant dans une eau à 4 degrés.

Beaucoup moins épique que ce à quoi je m’attendais, je comprends mieux maintenant pourquoi elle se marrait en me tendant son seau. J’ai l’impression de m’être fait avoir.

Je passerai sur l’enduit qui vous colle aux cheveux, sur le fait que vous rentrez tellement tachés qu’on dirait un dalmatien et que vous avez l’impression de n’avoir jamais été aussi fatigué. Après deux jours de ce traitement je me suis lamentablement écroulé sur mon clavier sans avoir même eu le temps d’allumer mon ordinateur, c’est dire.

Bref, à toi le citadin, à toi le geek, à toi qui a l’instinct de survie je vous le dit. Fuyez la campagne et les travaux ! On trime, on se gèle et on s’explose tout ce qui pourrait s’appeler articulation dans le corps. Les travaux à la campagne c’est un monde à part, c’est pour ca que les gens construisent aussi loin des villes, c’est pour pouvoir vous torturer sans que vous puissiez vous tirer.

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5 commentaires leave one →
  1. 14 décembre 2009 15 h 58 mi

    En même temps, faut être COMPLETEMENT barge d’aller à la campagne !! Tout citadin CENSé est au courant !! 😀

  2. 14 décembre 2009 19 h 55 mi

    J’ai souvent été dans la peau de ta copine, tiens… et puis si j’avais une voisine, ça pourrait même être elle 🙂
    (J’adore ta conclusion… même si ce n’est pas QUE pour ça!)

  3. Lashra permalink
    15 décembre 2009 6 h 36 mi

    Un jour, je vais le casser mon mur et oui y’aura du carrelage à faire, je sais qui appeler du coup pour être le préposé aux joints

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