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Il fait MP3 ton téléphone?

11 décembre 2009

Je ne te l’avais jamais dit, ami lecteur, mais j’ai une sale manie. Mon téléphone sonne tout le temps. Entre les mails, les appels et les SMS il passe son temps à vibrer. Le pire, c’est que je ne me rends même plus compte du point auquel on peut être accro à ce petit bout de plastique qui nous relie en permanence au reste du monde. Et c’est quand on essaye de prendre un peu de recul par rapport à ca qu’on s’aperçoit qu’on est complètement dépendant de lui.

Que vous soyez chez vous, dans la rue ou sur la route, on peut vous joindre à tout moment. Ou que vous soyez vous n’êtes jamais vraiment seul. L’avantage de la chose, c’est son coté sécuritaire et pratique. Fini l’appréhension de tomber en panne de bagnole en pleine nuit et de devoir se taper vingt bornes dans le noir pour pouvoir être dépanné, exit les soirées passées à chercher son groupe d’amis qui devait vous attendre devant tel ou tel bar. Quelques secondes, un coup de fil et le problème est résolu. C’est l’invention du siècle !

Le cellulaire est le témoin de nombreuses choses. De la déclaration d’amour enflammée au message de maman qui nous annonce que demain midi ca sera du rôti de veau pour diner, l’information passe en direct sans avoir à attendre de se voir. Comme le disait une collègue de boulot très à propos, au 21ème siècle, on largue même par texto.

Et comme chaque progrès à son pendant, il arrive que l’improbable survienne, que l’impensable se produise… On oublie son téléphone où on se retrouve sans batterie. Pour beaucoup, cette situation correspond au même ressenti que si on se baladait à poil en pleine rue. On sent qu’il nous manque quelque chose, qu’on n’est pas tout à fait pareil que les autres. Nos pensées sont obnubilées par cette absence, on ne focalise son esprit que sur le moment ou on pourra retrouver l’objet sacré et s’en servir de nouveau. Certains à l’inverse goutent ce rare instant de solitude comme une libération, une impression de liberté retrouvée. Mais bon… pour combien de temps ? Car si nous pouvions vraiment nous passer de notre téléphone, nous n’en aurions pas.

Ce qui me fait marrer dans cette histoire, c’est qu’au-delà du fait de se sentir un peu con sans notre cellulaire, les autres se mettent à stresser aussi. Toutes nos peurs ressurgissent alors qu’on attend désespérément un appel qui n’arrive pas. Il devait m’appeler lorsqu’il arriverait en voiture, n’a-t-il pas eu un problème ? Ma copine devait me recontacter dans la soirée ? S’est elle barré avec un autre ? Comme le disait Mr Lapeyre, l’absence de nouvelles de l’autre, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres dans le rayon paranoïa et inquiétudes. Le pire, c’est que je suis le premier dans ce cas… Je le reconnais ! J’ai vite fait de me mettre à stresser quand je vois que mon téléphone ne sonne pas alors que j’attendais un appel important. Comme beaucoup d’entre nous, j’entre dans une phase étrange ou j’ai du mal à penser à autre chose, et sans m’en rendre compte je sors mon appareil de ma poche toutes les trois minutes pour vérifier si je n’ai pas raté le coup de fil ou si je suis dans une zone ou ca capte bien. J’ai honte de l’avouer, je suis un drogué.

Je sais qu’à l’époque de nos parents la vie était plus difficile. Qu’ils n’avaient pas l’électricité, pas de wifi, et qu’on aura beau me dire ce qu’on veut, mais je suis sur qu’ils devaient aller chasser pour se nourrir. Mais comment faisaient-ils sans téléphone ?! Pouvaient ils vraiment vivre sans être joignable à tout moment du jour et de la nuit, et ainsi devoir attendre parfois jusqu’au matin pour avoir une information surement capitale. Ah ? On me dit par texto que oui, on pouvait très bien vivre sans ca, et que le monde ne s’en portait pas plus mal. Bon, par acquis de conscience, je vais renvoyer un SMS pour lui demander s’il est sur de ce qu’il avance…

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7 commentaires leave one →
  1. 11 décembre 2009 18 h 40 mi

    Mon premier portable je l’ai acheté en mai 2001 en prévision de mon accouchement, le 4ème… Il était pour mon chéri, je pourrai comme cela le joindre au boulot au moment où j’aurai besoin de lui… Le jour dit, aux premières contractions j’appelle: rien. Pas de réseau!!! J’ai du appeler son chef qui l’a fait chercher… Le petit n’est pas né dans la voiture mais… Du coup depuis, lui comme moi on a résisté le plus longtemps possible: pas de portable!!! Jusqu’à l’adolescence de l’ainé… Nous sommes maintenant équipés depuis quelques années de portables… pour téléphoner…donc pas de toujours pas de MP3 mais des appels du genre: T’as pas eu d’accident? T’as pas oublié le rendez vous pour le petit? Mme A vo’te chien l’est dans ma cour pouvez v’nir le chercher?

  2. 11 décembre 2009 22 h 45 mi

    Je me souviens encore du temps où il fallait toujours avoir des pièces sur soi. Puis une carte de téléphone, qui était un investissement considérable pour une ado.
    Ceci dit, mon premier portable date de 97 ou 98, et maintenant que j’ai un iphone (deux semaine à peine), je découvre tous les jours des trucs cools sur lesquels il peut me dépanner. L’agenda électronique, tiens, c’est quand même une invention géniale! Et les notes! Et le GPS! Et les flux RSS! Et les mails! Et Twitter! … (ayé, j’suis incurable)

  3. 13 décembre 2009 21 h 21 mi

    J’ai acheté mon I-phone pour plein de raisons, comme le dit Tequila il possède une multitude de choses qui peuvent nous dépanner. Et je m’aperçois que je l’utilise à 95 % pour autre chose que pour téléphoner.

    Je crois que l’évolution des cellulaires, avec les multiples fonctions qu’on leur adjoindra, c’est qu’on n’aura même plus besoin de s’appeler. Toutes les informations dont on aura besoin, on pourra les obtenir autrement qu’en appelant nos familles et nos amis. Pour ne citer qu’un exemple, le fameux « t’es où ? » n’aura plus de raison d’être puisqu’on aura la localisation GPS de tous nos contacts. Ce qui compliquera singulièrement la vie de tous les maris infidèles, soit dit en passant…

  4. 14 décembre 2009 7 h 45 mi

    on est tous dans le meme cas en fait, on ne pourrait pas se passer de nos téléphones. Et de plus en plus avec les smartphones et consort 🙂

  5. Xix permalink
    14 décembre 2009 8 h 54 mi

    Je ne sais pas si on peut s’en passer, mais il faut en tout cas essayer à tout prix. Il n’y a rien de génial à se faire sonner à toute heure du jour et de la nuit. Aujourd’hui, les gens estiment que puisque tu as un portable partout et tout le temps, tu dois impérativement décrocher quand ils te sonnent. Ils ne te pardonnent pas de filtrer ou de répondre quand ça t’arrange seulement. Personnellement, j’ai eu un portable le plus tard possible et j’ai toujours choisi un modèle minimal en termes de fonctionnalités ou de forfait. J’utilise mon portable comme il se doit : en cas de secours ou « d’urgence ».
    http://unoeil.wordpress.com/2009/10/19/cretin-electronique/

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