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J’veux pas me lever!

29 novembre 2009

Je ne sais pas pour toi lecteur anonyme, mais j’ai une particularité, je déteste qu’on me parle avant d’avoir bu mon café. Soyons franc, je n’ai jamais été du matin. Que ce soit à 7H00 ou à 11H00 j’ai toujours l’impression de vivre la plus grande injustice du monde lorsqu’il faut que je quitte la douce chaleur de ma couette. L’esprit encore embrumé je m’extirpe difficilement, ou plutôt me laisse tomber du lit. Et c’est quasiment en rampant que je me dirige vers la cuisine pour appuyer d’un doigt imprécis sur le bouton de la cafetière. A ce moment précis de la journée, j’en veux à la terre entière. Je ne sais pas pourquoi, mais tout me gonfle durant ces quelques minutes, un calvaire.

C’est donc naturellement que je considère chaque parole à mon égard comme un coup de couteau supplémentaire ajouté à la séance de torture que je suis en train de vivre.

Si je parle de tout cela, tu t’en doutes bien, c’est qu’on trouve une certaine jouissance à profiter de cet instant pour me bombarder de questions. Que ce soit ma fille, ma compagne ou l’ami de passage qui est venu squatter le canapé, ils se sont tous mis d’accord pour me poser tout un tas de questions existentielles et Ô combien indispensables, surtout le matin de si bonne heure. Et il est ou le beurre, et on a prévu quoi déjà pour la soirée du mois prochain, et pourquoi le lait n’est pas rangé, et est ce que tu crois que mes chaussures rouges me vont bien au teint. Bref, je suis noyé sous un flot quasi discontinu de palabres et de mots désordonnés qui viennent se heurter au mur de mon mutisme somnolent.

En règle général, la nature est bien faite, mon cerveau se met automatique en mode sécurité. Je ne comprend plus ce qu’on me dit, les phrases se déforment pour devenir une mélasse sonore, une succession de sons incompréhensibles. Ah, enivrante sérénité qui m’envahit à nouveau à ce moment précis. Je retrouve un bref instant le sourire et mon regard se met à briller doucement alors que je regarde le fond de ma tasse. Je n’aspire plus qu’à une chose, me noyer dans la caféine, m’abrutir au sucre et sentir à chaque gorgée la fatigue fuir sous les assauts répétés du café chaud se logeant dans mon estomac.

La nature est bien faite disais je, pas tant que ça tout compte fait, puisque tu t’en doutes, c’est à cet instant précis, ou mon cerveau a décidé de ne plus interpréter les signaux qu’on lui envoi, qu’on me sort la question ultime. Cette question qui te fait regretter de ne pas avoir écouté et d’avoir répondu automatiquement oui, en pensant que cela t’accorderait quelques minutes de répit supplémentaire. C’est toujours d’accord pour amener ma mère chez Ikea? Papa, tu me donnes 50€pour aller acheter un cartable charlotte aux fraises, Eklaan, ça te branche une soirée Bingo avec la maison de retraite de ma grand mère?

Et alors que je termine ma tasse je remets peu à peu les mots dans le bon sens. je comprends que je viens de faire une connerie, de parler trop vite, que je viens probablement de gâcher ma vie à cause d’un mot de trop. L’œil humide je peste contre la cruauté de la vie. Revenir en arrière? Impossible, elles comprendraient que chaque matin je ne les écoute pas. Une seule solution, me résigner et accepter mon destin. Décidemment, je n’aime pas le matin…

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2 commentaires leave one →
  1. 30 novembre 2009 15 h 39 mi

    La petite réclame déjà des cartables charlotte aux fraises? :p

  2. 30 novembre 2009 16 h 26 mi

    Oui! 😉 Elle m’a demandé aussi une moto et un casque 😀 J’adore cet enfant!

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